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Interview – Last Avenue – Analog 1.1

février 12th, 2015

Orléans possède son groupe de fusion/métal industriel… Julien, chanteur et guitariste de Last Avenue, a reçu Music Waves pour une interview sincérité deux semaines après la sortie de leur premier album.

 

Quelle est la question qu’on t’a le plus posée ?

Bonne question….Celle-là on ne me l’avait jamais posée ! Cela tourne souvent autour de comment on compose les titres, la vie dans le groupe, comment vous faites pour composer ?

Parfait…Tu vas donc y répondre !

En fait notre batteur travaille sur Bordeaux et le bassiste en Suisse. Heureusement, le guitariste est sur Montargis, c’est souvent nous deux qui composons. Non pas qu’on souhaite garder ça pour nous mais surtout parce que c’est là qu’on est le plus productif. Comme je suis batteur de formation puis guitariste, quand il est là on joue, on s’échange les instruments, on fait des boeufs, on s’enregistre, et on garde ça dans un coin pour le développer plus tard, ensemble. C’est majoritairement comme ça qu’on a travaillé pour l’album.

Sinon, la deuxième façon, et c’est facile maintenant avec internet, c’est de composer chacun dans son coin puis envoyer les prises par mail. Je les arrange ou bien on s’y met à plusieurs, on se voit ici (Ndlr : dans le home studio où se passe l’interview) et on arrive à sortir des morceaux.

Et côté paroles ?

Je les ai écrites en voiture ! Non, en fait j’ai toujours un dictaphone sous la main pour saisir le moment. J’ai des lignes de mélodie qui me viennent en tête à force d’écouter les maquettes, puis en même temps, il y a souvent un thème que j’aimerais aborder. Didier -qui a écrit les paroles de ‘Core Audio’ et ‘Virtual Knife’ – a travaillé complètement différemment car il n’avait pas la musique en tête et il a écrit des trucs qui lui semblaient judicieux dans l’univers du groupe. Donc quand je n’ai vraiment pas d’idées je pioche dans le stock de Didier, de Will et j’arrive à faire un assemblage, je brode, j’adapte. Pour Elie qui s’est occupé de ‘New Jail’ ça a été plus simple. Il est arrivé avec la maquette MP3, tout était enregistré. C’était prêt et il a dit : » Voilà, tu vas faire ça ! ».

Pour le côté électro, il n’y a pas de règles non plus, soit on a une idée mélodique en tête et on essaye de trouver un son, soit bien on fouille avec Flo, on cherche des sons et on se dit « Ouah…C’est génial » donc on l’enrobe avec des guitares et puis ça évolue petit à petit pour donner le son final.

« On a voulu un livret sobre et discret…à notre image »

Parle-nous des thèmes ?

Il y a un peu de tout en fait. Tu ne trouveras pas les paroles sur le livret, on l’a voulu sobre et discret, à notre image. Si on prend ‘Wake Up’ c’est plutôt enfantin, il n’y a pas de vocabulaire poétique, c’est assez brut. Ce sont des machines qui parlent, sans vocabulaire, et ça parle brutalement du monde, de ce qui part en sucette de leur point de vue.

‘Not So Real’ parle plus d’un personnage en souffrance qui se parle à lui-même en constante opposition avec sa conscience. On cherche le côté épuré dans les paroles, il n’y a pas vraiment de thème si ce n’est tous ces moments où l’on est moins humains. ‘New Jail’ parle de la télé réalité et de toute cette merde qu’on essaye de nous faire croire (célébrité facile, univers attirants construits de A à Z). ‘Always So Bad’ traite d’une personne qui se souvient de ce qu’il faisait quand il était jeune et qui regrette de ne pas retrouver cette époque maintenant.

Il y a aussi deux titres instrumentaux dont ‘Skaos’ dont je n’ai pas compris l’utilité dans l’ensemble…

Ce sont des morceaux qu’a écrit notre batteur et cela rentre dans le concept de base de Last Avenue. En fait Flo, qui s’occupe des machines et des synthés, fait le lien entre le monde des hommes et celui des machines. Nous, les autres membres du groupe, sommes musicalement esclaves de Flo (les machines donnent le tempo, activent des effets, etc…). Au final ce qui passe à travers nous c’est ce que les machines ont envie de dire, à l’image de ‘Always So Bad’ où le chant du couplet est généré sur ordinateur.

Les deux morceaux 100% électro sont là pour rappeler la mainmise des machines. Il n’y a pas d’instruments acoustiques, ce n’est que du plug-in, du sample.
Il faut savoir aussi que sur scène on n’a pas de blanc entre les morceaux. On utilise des interludes et ‘Skaos’ en est un. C’est super important dans notre univers et ça fait partie de notre jeu de scène, le contraste « son organique » et « numérique ». On s’est dit qu’il fallait le mettre dans l’album pour que les gens qui viennent en live retrouvent une petite partie de notre univers sur CD.

« Ce qui se passe à travers nous, ce sont les machines qui ont envie de le dire »

Vous chantez un anglais. Pourquoi ce choix ?

Pour gagner plein de tunes aux Etats-Unis (Rires)… C’est parce que le français n’est pas adapté au rock. Si tu chantes en français on cherche tout de suite à te comparer à de la chanson française et ce n’est pas forcément bon… A contrario quand tu écoutes d’autres groupes anglophones, si tu t’arrêtes sur les paroles des fois tu tombes de haut.

On a préféré l’anglais car nos influences viennent en partie des Etats-Unis, ou d’Europe, et c’est vrai qu’on ne juge pas que les paroles dans ces pays contrairement à la France. On regarde le tout et non « que » les textes pour faire passer un univers. Last Avenue ce n’est pas de la chanson ! La deuxième raison c’est qu’on vit maintenant dans un monde où l’anglais est de plus en plus présent…Regarde les notices, les séries…

Pour votre musique, on cite souvent Rammstein pour le peps, mais quelles sont vos influences ?

On a mis 5 ans entre le moment où on a créé le groupe et le moment où l’album est sorti. Le premier morceau ‘Not So Real’ était assez stoner au départ, et il correspondait à ce que j’écoutais à cette période. Puis on est passé sur des accordages différents et l’impact a été assez notable comme sur ‘New Jail’ par exemple. On a découvert Love And Death récemment, et une des nouvelles maquettes que Will a écrite pour un futur titre est très influencée par eux.

On a tous nos influences, Flo qui est dans l’électro te parlera de Bob Sinclar, Daft Punk…Bref on touche à tous les styles…Même des trucs assez loin de notre esthétique. Par exemple la musique noire-américaine des années 60/70 a influencé mon jeu, mon oreille. Quand on mélange tout ça on cherche surtout à garder un ensemble cohérent, orienté gros rock et métal avec du chant et peu de cris.

Après le CD, il faut se faire connaître, comment vois-tu la démarche à mettre en œuvre pour sortir de l’anonymat ?

Il y a tout l’aspect réseaux sociaux et on ne peut pas se passer de ça (même si je pense le contraire et que DDA me certifie que j’ai tort). On a aussi notre site web qui fait vitrine. On bosse tout de même avec Tinplho Records qui s’occupe des ventes physiques ainsi que Send The Wood Music. Il y aura des CDs à la FNAC à Bordeaux et à Orléans. Maintenant, il n’y a plus beaucoup de scènes pour jouer sur Orléans et dans le Loiret en général, c’est difficile. Donc on cherche une structure qui pourrait nous accompagner mais c’est problématique car les gros tourneurs ne veulent pas de nous parce qu’on est trop petit, et les petits tourneurs ne veulent pas de nous parce qu’ils pensent qu’on est trop gros… mais là on n’a pas compris ! (rires)

Des groupes comme Wild Dawn qui sont assez gros maintenant ça ne vous aide pas ?

Oui et non car on n’est pas sur le même créneau, d’abord, et puis on se connait mais on ne se côtoie pas.

Et côté concert ?

Il y a des tremplins où nous sommes inscrits. Nous avons des contacts de bookeurs en Suisse, car il ne faut pas se leurrer c’est en Allemagne et en Suisse que l’on pourrait jouer plus facilement. Mais il n’y a rien de sûr ! Peut-être d’ici la fin de l’année.

On a commencé par la question qu’on t’a le plus posée, quelle serait celle que tu souhaites que l’on te pose ?

On a plein de dates à positionner, vous voulez travailler avec nous ?

Un petit mot pour nos lecteurs ?

Continuez à vous connecter à Music Waves ! Un pote m’a dit : « c’est super, vous avez une chro dans Music Waves ! Je vais souvent sur ce site, c’est vraiment cool ! » donc oui continuez à lire car en France la scène rock et métal est portée, entre autre, par les webzines et leurs chroniqueurs.

Merci à toi.

Source : www.musicwave.fr

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